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Et si la science conduisait à Dieu ?

Aux XIXe et XXe siècles, un courant de pensée, le scientisme, prétendait que la science finirait par expliquer tout l’univers, et par répondre à toutes les questions, remplaçant finalement toute autre voie de connaissance, à commencer par la religion. Dans son livre Contre la métaphysique (Alcan, Paris, 1912, p. 55), le biologiste Félix Le Dantec écrivait : « Je crois à l’avenir de la science, et la science seule résoudra toutes les questions qui ont un sens ; je crois qu’elle pénétrera jusqu’aux arcanes de notre vie sentimentale et qu’elle m’expliquera même l’origine et la structure du mysticisme héréditaire antiscientifique qui cohabite chez moi avec le scientisme le plus absolu. » On prétendait assez facilement donner des explications scientifiques complètes et définitives (cf. Lawrence Badash, « The Completeness of Nineteenth-Century Science »).

Pourtant, la science ne s’est pas arrêtée à cette époque-là, et elle a continué à évoluer, remettant en cause des théories que l’on croyait définitives :

  • Alors qu’Einstein en 1915 croyait que l’univers était statique, la théorie du Big Bang (1922-1965) portée par Friedmann et l’abbé Lemaître montre un univers en expansion ;
  • En 1931, les théorèmes d’incomplétude de Gödel montrent l’impossibilité de rassembler l’ensemble des mathématiques dans un système complet ;
  • Tout au long du XXe siècle, le développement de la physique quantique vient montrer les limites dans l’infiniment petit des règles de la physique classique ;
  • En 2001, les études de Pim van Lommel sur les E.M.I. concluent à l’autonomie de la conscience par rapport à l’activité du cerveau, remettant complètement en cause le dogme matérialiste ;
  • Etc.

Les découvertes du XXe siècle montrent que l’univers est toujours plus complexe que ce que l’on croyait auparavant ; mais toute cette complexité est ajustée de telle sorte que la vie est possible. Or, plus un système viable est complexe, moins il est probable qu’il soit dû au hasard : en tapant des lettres au hasard sur un clavier, vous n’avez déjà pas beaucoup de chance d’écrire un poème, mais les chances que vous avez d’écrire un roman sont quasi-nulles ! C’est ainsi que la complexité d’un réel viable comme l’univers est telle qu’il est très largement improbable que celle-ci soit due au hasard. Par exemple, le rapport entre la gravitation et la vitesse d’expansion de l’univers : si la gravitation était un tout petit peu plus élevée (ou l’expansion de l’univers un tout petit peu plus lente), l’univers n’aurait pas pu s’étendre suffisamment, serait entièrement resserré sur lui-même, et n’aurait pas permis l’émergence de la vie ; à l’inverse, si la gravitation avait été plus faible (ou l’expansion plus rapide), l’univers n’aurait pas été suffisamment stable pour permettre à la vie d’apparaître. En 1988, l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan a montré que la probabilité d’obtenir par hasard ce rapport parfait entre gravitation et vitesse d’expansion de l’univers était égale à la probabilité pour un archer tirant au hasard depuis la Terre de toucher une cible de 1 cm2 placée à l’autre bout de l’univers. Or, il existe une quinzaine de paramètres (charge du proton et de l’électron, masse du proton, du neutron et de l’électron, force nucléaire, force électromagnétique, etc.) ainsi réglés : c’est ce que l’on appelle l’ajustement fin de l’univers ; si l’un de ces paramètres avait été différent, la vie n’aurait pas été possible : c’est ce que l’on appelle le principe anthropique.

Cet ajustement fin des lois de l’univers est tel qu’il est devenu statistiquement très largement improbable d’imaginer que l’univers puisse être dû au hasard ! Par conséquent, il est aujourd’hui plus probable scientifiquement d’admettre l’existence d’une intelligence organisatrice de l’univers que de la nier. La charge de la preuve est donc complètement inversée : ce n’est plus aux croyants de prouver l’existence de Dieu dans un système scientifique clos dans lequel Dieu est « une hypothèse inutile » (selon le mot de Laplace), c’est aux non-croyants d’expliquer pourquoi ils défendent l’hypothèse d’un univers dû au hasard alors que celle-ci est à ce point improbable statistiquement.

Pour exclure à tout prix l’existence d’un Créateur, mais augmenter la probabilité de l’apparition de notre univers, on pourrait postuler l’existence d’une infinité d’univers, rendant probable que les conditions nécessaires à la vie soient réunies dans au moins d’un d’entre eux. Mais là encore, il faudrait pouvoir prouver l’existence de ces univers multiples, ou bien ce postulat n’est qu’une forme de profession de foi, mais la crédibilité en moins.

Ainsi, aujourd’hui, il n’y a que trois options possibles :

  • Ou bien l’on considère que l’univers est dû au hasard, ce qui est théoriquement possible, mais statistiquement improbable (autant de chances que d’atteindre une cible de 1 cm2 située à l’autre bout de l’univers en tirant au hasard une flèche depuis la Terre) ;
  • Ou bien l’on professe sans aucun fondement l’existence d’une infinité d’univers rendant possible que les conditions nécessaires à la vie soient rassemblées dans au moins d’entre eux ;
  • Ou bien l’on admet comme statistiquement plus probable l’existence d’une Intelligence créatrice et organisatrice de l’univers ; la science rejoint donc très nettement l’affirmation de la foi.

Une citation pour finir, du physicien Robert Jastrow (God and the Astronomers, Norton, 1992, p. 107) : « Il semble actuellement que la science ne sera jamais en mesure de lever le voile sur le mystère de la création. Pour le scientifique qui a vécu avec sa foi dans le pouvoir de la raison, l’histoire se termine comme dans un cauchemar. Il a escaladé les montagnes de l’ignorance, il est sur le point de conquérir le plus haut sommet, et alors qu’il se hisse sur le dernier rocher, il est accueilli par une bande de théologiens qui sont là depuis des siècles. »