UNE EQUIPE POUR REPONDRE A VOS QUESTIONS

L’équipe des Net Angels rassemble des bénévoles disponibles pour dialoguer sérieusement ici ou ailleurs sur toutes questions concernant la foi, la vie ou la société.

Vous pouvez nous écrire à : LesNetAngels@gmail.com

Jésus oui mais l'Église non ?

Certaines personnes veulent bien avoir Jésus pour maître spirituel, ou reconnaissent même sa divinité, mais refusent de voir la continuité entre Jésus et l’Église. Alors, peut-on être un disciple de Jésus en-dehors de l’Église ?

Le problème est que Jésus lui-même a fondé l’Église sur les apôtres. La parole la plus importante est la promesse qu’il fait à saint Pierre, après que celui-ci a confessé sa foi : « Je te le déclare : tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes des enfers ne l’emporteront pas sur elle » (Matthieu 16, 18). Jésus avait donc bien l’intention de constituer une Église sur le témoignage des apôtres. Mais qu’est-ce que l’Église ?

« Église » est la transcription du terme grec « Ekklesia », qui signifie « assemblée », ou « rassemblement ». Le premier aspect de cette Église est d’être une communauté de disciples appelés à suivre Jésus. Lui-même évoque cette communauté dans son grand discours sur la vie fraternelle que devrons mener les disciples, et que l’on appelle pour cette raison le « discours ecclésiastique », en Matthieu 18 ; on y trouve en particulier cette consigne (versets 15 à 17) : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul : s’il t’écoute, tu as gagné ton frère ; s’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins ; s’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée (ekklesia) ; s’il refuse encore d’écouter l’assemblée, considère-le comme un païen et un publicain. »

Mais l’Église n’est pas qu’une communauté de disciples : elle a été investie par le Christ pour continuer sa propre mission. Il a dit en effet : « Celui qui vous écoute m’écoute, celui qui vous rejette me rejette » (Luc 10, 16) ; « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé » (Matthieu 10, 40) ; « Si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même, et celui qui me reçoit reçoit celui qui m’a envoyé » (Jean 13, 20). Ces paroles sont sans ambiguïtés : rejeter le témoignage des apôtres du Christ, c’est rejeter le Christ.

Et cette identification n’est pas seulement une question d’autorité ; l’Église n’est pas seulement investie de l’autorité de Jésus comme un ambassadeur représente son roi : Jésus associe et identifie l’Église à sa propre personne et à sa présence. Lorsqu’il apparaît à saint Paul (Actes 9, 4), qui alors persécutait les chrétiens, il lui demande : « Pourquoi me persécutes-tu ? » C’est ce qui conduira saint Paul à exprimer ainsi le mystère de l’Église, en s’adressant aux chrétiens : « Vous êtes le Corps du Christ » (1 Corinthiens 12, 7) ; Jésus est « la Tête de l’Église qui est son Corps, et l’Église est l’accomplissement total du Christ » (Éphésiens 1, 22-23). Au cœur du Moyen-Âge, une jeune femme sans instruction, sainte Jeanne d’Arc, exprimera en un raccourci saisissant sa cette foi en disant : « Dieu et l’Église, c’est tout un ! » Et Bossuet, le célèbre évêque de Meaux, disait : « L’Église, c’est Jésus-Christ répandu et communiqué. »

L’Église, c’est l’accomplissement de la promesse de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). Et en effet, c’est dans l’Église que la Parole de Dieu est proclamée, que les sacrements de la grâce sont donnés, et que s’accomplit cette autre parole de Jésus, justement dans le « discours ecclésiastique » (Matthieu 18, 20) : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. »

Pour bien comprendre le mystère de l’Église, il faut en vivre. Prenons une comparaison : imaginez une église, avec ses vitraux. De l’extérieur de l’église, que voit-on d’un vitrail ? Seulement une grande masse sombres et des armatures de plomb : une structure extérieure, formelle. Pour percevoir le sens du vitrail, il faut être dans l’église, et le voir illuminé de la lumière du soleil qui le frappe de l’extérieur. Il en est ainsi pour l’Église : de l’extérieur, on ne peut voir que l’aspect formel, la structure hiérarchique - il faut vivre de l’intérieur l’expérience de la vie chrétienne pour profiter de la lumière divine qui illumine l’Église. La comparaison va même plus loin : essayez de regarder le soleil depuis l’extérieur, vous serez aveuglé, car le soleil est trop lumineux. Par contre, regardez un vitrail de l’intérieur, et vous profiterez de la lumière du soleil en mille couleurs. De même, prétendre connaître Dieu en-dehors de la Tradition de l’Église, c’est courir le risque d’être aveuglé, et finalement de ne plus rien voir du tout - tandis que contempler le Seigneur dans la foi de l’Église, c’est certes accepter un langage, une doctrine, mais en elle pouvoir contempler les mille richesses de la vie divine.

Dans un autre registre, remarquons qu’il est incohérent de vouloir accéder à Jésus par les évangiles sans faire confiance à la médiation de l’Église, puisque c’est l’Église qui a composé les évangiles et nous les transmets. Jésus n’a laissé aucun écrit : ce sont ses disciples qui ont gardé le souvenir de son enseignement et de sa vie, et en particulier les apôtres saint Pierre, saint Matthieu, saint Jean et saint Paul, dont la prédication est à l’origine de la composition des quatre évangiles. La transmission des évangiles fait partie de la transmission de la vie de l’Église dans son ensemble, que l’on appelle la Tradition. Pourquoi recevoir seulement les évangiles, mais pas le reste de la Tradition ? Pourquoi accepter telle partie du message plutôt que telle autre, si de toute façon l’on se défie du messager ?

Ainsi, il est impossible d’être complètement disciple du Christ et de vivre de sa vie en-dehors de son Église, en se séparant de son Corps !

Pour aller plus loin :