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Jésus a-t-il existé ?

Aujourd’hui, plus aucun historien sérieux ne remet en cause l’existence historique de Jésus de Nazareth.

Les sources les plus nombreuses à ce sujet sont évidemment les sources chrétiennes, à commencer par le Nouveau Testament : quatre biographies de Jésus (évangiles), un récit des premières années de l’Église (les Actes des apôtres), plusieurs lettres. Réfutons d’ores et déjà une objection : ces sources ne seraient pas fiables, puisque émanant de chrétiens, c’est-à-dire de disciples de Jésus. Imaginez une seconde que l’on dise : l’histoire de la Première Guerre mondiale ne peut pas utiliser les sources françaises ni allemandes, puisque la France et l’Allemagne étaient engagés dans le conflit. Absurde, n’est-ce pas ? Ainsi, les sources chrétiennes sont des documents d’une grande valeur pour l’historien, en raison :

  • De leur quantité ;
  • De la rapidité de leur diffusion (les quatre évangiles ont très rapidement été diffusés en diverses langues dans tout le monde antique, dans des États indépendants les uns des autres, rendant impossible leur manipulation ultérieure) ;
  • De leur crédibilité historique interne (cf. onglet ‘Le Nouveau Testament est-il fiable ?’).

Les sources chrétiennes en-dehors du Nouveau Testament, que l’on appelle les sources patristiques, confirment les données du Nouveau Testament : dès le début du IIe siècle, Clément de Rome (v. 35-99), Ignace d’Antioche (v. 35-v. 110), Polycarpe de Smyrne (v. 69-155), etc. parlent de Jésus et de sa crucifixion, et de la foi en la résurrection.

À côté des sources chrétiennes se trouvent les sources romaines ou grecques :

  • L’historien Tacite (v. 58-120) nomme explicitement « le Christ, que le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice sous le règne de Tibère » (Annales XV, 44) ;
  • Le philosophe Celse, dans un écrit anti-chrétien intitulé Discours véritable (v. 178), parle de celui qui a « terminé sa vie par une mort misérable » et que les chrétiens adorent comme leur Dieu ;
  • Le satiriste Lucien de Samosate (120-v. 185), dans La Mort de Peregrinus, 11-13, se moque des chrétiens qui adorent « l’homme mis en croix en Palestine pour avoir introduit une religion nouvelle » ;
  • Les historiens Pline le Jeune (v. 61-113) et Suétone (v. 70-126) confirment que dès la fin du Ier siècle et au début du IIe, les disciples du Christ forment un groupe constitué, dont l’existence si tôt après les événements serait inexplicable si la personne qu’ils reconnaissaient comme le Christ n’avait jamais existé.

Évoquons enfin les sources juives :

  • Flavius Josèphe (v. 38-100), historien romain d’origine juive, cite également « Jacques, frère de Jésus appelé le Christ » (Antiquités XX, 200) ; l’authenticité de ce passage a bien été discutée, mais la thèse d’une glose chrétienne ne tient pas, car aucun copiste chrétien n’aurait dit « Jésus appelé le Christ », comme si Jésus n’était pas le Christ ;
  • Ce même Flavius Josèphe, dans la version authentique du Testimonium flavianum (c’est-à-dire sans les gloses chrétiennes médiévales qui s’y sont glissées), atteste également l’existence de Jésus ;
  • Le Talmud enfin, pourtant composé par des rabbins résolument anti-chrétiens, atteste également l’existence de Jésus ; or, s’il n’avait jamais existé, les rabbins s’en seraient donné à cœur joie, car la tradition juive n’a jamais rechigné à affirmer l’inexistence des faux dieux.

Tous ces éléments sont suffisants pour les historiens honnêtes pour reconnaître l’existence historique de Jésus de Nazareth, en vertu notamment d’un principe d’intelligibilité de l’histoire : si Jésus a existé, il y a bien une cohérence entre toutes ces sources et l’histoire de l’Église du Ier siècle est compréhensible ; si Jésus n’a pas existé, l’histoire de l’Église du Ier siècle devient totalement incompréhensible ! Si Jésus n’a pas expliqué, le témoignage des apôtres est incompréhensible, la naissance de l’Église est incompréhensible !

Quelques liens pour aller plus loin :

  • Un résumé des sources sur le site Science et Foi ;
  • La position de l’historien Jean-Christian Petitfils ;
  • La réponse de l’historien Jean-Marie Salamito à un ouvrage ridicule de Michel Onfray ;
  • Le livre de John Meier Un certain Juif Jésus ;
  • Enfin, pour ceux qui veulent une biographie de Jésus faisant droit à la fois à la recherche historique et à l’enseignement spirituel, l’incontournable est celle que le pape Benoît XVI a publiée volontairement en-dehors de son autorité pontificale, sous son nom d’auteur privé : Jésus de Nazareth.