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Pas de contrainte en religion

Le verset "Pas de contrainte en religion" (S2,256) est souvent cité par des musulmans pour expliquer que l'islam serait tolérant avec les autres religions, et garantirait une forme de liberté de conscience, voire de droit de quitter l'islam.

C'est complètement faux :
1) il s'agit d'un verset médinois (non abrogé), que la tradition musulmane s'est efforcée de rendre compatible avec les autres versets médinois "durs" et absolument intolérants, du type "
S’ils se détournent, tuez-les" (S4,89) ou bien "Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humiliés" (S9,29). Et de rendre compatible avec les hadith sur l'apostasie, qui commandent de tuer celui qui quitte l'islam - dont le plus connu : "Celui qui change de religion [qui quitte l'islam], tuez le" (Sahîh Bukhari, vol. 9, livre 84, n° 57)

2) le mot de "religion" n'existe pas en arabe avec le sens qu'on lui donne en français, ce qui engendre d'immenses quiproquos à la lecture des traductions du coran ou des hadith (quiproquos souvent volontaires, entretenus par des traducteurs qui édulcorent le sens des mots). Il s'agit en fait du mot de "dîn" qui signifie non pas "religion" mais "jugement" (comme dans "jugement dernier" lequel est l'objectif de toute la foi islamique, comme le martèle le Coran) ou "justice", compris au sens biblique d'éthique, de comportement, d'obéissance à la loi de Dieu (charia). Il n'existe par ailleurs qu'un seul "dîn" aux yeux de Dieu selon l'islam, c'est l'islam lui même (cf. plus haut en S9,29, "(...) le dîn de la vérité")... Tous ceux qui ne suivent pas l'islam seront les perdants au "jour du dîn / jour du Jugement (dernier)", promis au feu éternel : "Et quiconque désire une religion autre  [un autre dîn] que l’islam [c'est à dire la soumission -  au projet eschatologique, à la loi divine, au commandement du chef], ne sera point agréé, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants" (S3,85)

3) 
La lecture arabe de ce verset n'est donc pas du tout celle d'une tolérance de l'islam vis à vis des autres religions. Les musulmans qui vous disent le contraire sont soit :

- des menteurs, qui trompent leur monde
- des ignorants
- des rêveurs, déconnectés de la réalité et vivant dans le fantasme d'un islam idéal de paix et de tolérance, mais qu'ils s'imaginent réellement exister ; fantasme inventé par leur imaginaire de croyant en ce que l'islam serait la meilleure chose arrivée pour le monde vu qu'il serait la solution à tous les problèmes. Et donc, s'il est la meilleure chose, il est paix et tolérance (raisonnement "à l'envers", qui part de la conclusion et non des faits, typique des idéologies).

Le sens donné par la tradition à ce verset du "pas de contrainte dans le dîn" relève en fait de la seule pratique de l'islam : le "dîn", c'est l'islam, et rien d'autre. A partir du moment où le croyant fait ce qui est obligatoire en islam, on ne peut donc pas le contraindre à en faire plus. L'islam se caractérise en effet par une grande incertitude du croyant vis à vis d'un Dieu qui lui est inaccessible, et dont il ne peut pas savoir s'Il est satisfait de lui, de son "dîn". Les croyants ont donc tendance à en rajouter dans les prières et rituels et comportements "superfétatoires", pour accumuler des points vis à vis de Dieu. D'autres interprétations ont été données au verset "Pas de contrainte dans le dîn [en religion]" pour ce qui relève du rapport aux autres religions, mais toujours dans un cadre conceptuel où le "dîn" est l'islam. Voir les travaux de Sami Aldeeb qui a étudié toute la jurisprudence islamique sur ce verset : memri.fr/2016/06/13/<wbr />sami-aldeeb-la-signification-<wbr />du-verset-coranique-nulle-<wbr />contrainte-en-religion/