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La causalité dans l'être

La causalité dans l’ordre du mouvement amène à envisager l’hypothèse d’un Premier moteur. Maintenant, que se passe-t-il si l’on s’interroge non plus sur le mouvement mais sur l’existence même, l’être même de l’univers : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Et cette fois, il n’est plus possible de remonter à l’infini dans la chaîne des causes : car c’est tout le processus lui-même qui est, qui existe, et qui doit donc avoir une cause. La chaîne de causalité dans le mouvement répondait à la question : comment (en est-on arrivé là) ?, la causalité de l’être répond à la question : pourquoi ? Pourquoi les choses sont-elles ? Quelle est la Cause première, incausée ?

L’être ne peut pas de lui-même jaillir du néant. Cela n’a aucun sens : ce serait encore une forme de mouvement, à laquelle il faudrait trouver une cause. La seule option qui reste donc est celle d’une volonté libre, inscrite dans l’Être même, et qui soit cause de l’être de toutes les êtres particuliers. C’est cet Être même, Cause première, cause libre de l’être des choses, que la tradition philosophique appelle Dieu. C’est lui, le Premier Moteur de la philosophie d’Aristote, ou le Grand Architecte de l’Univers des philosophes des Lumières. Il n’est pas question ici d’un Dieu en particulier, d’une religion en particulier ; il n’est même pas question de religion : c’est un raisonnement philosophique qui amène à conclure à la nécessité de l’existence de Dieu.

Pour certains, ce raisonnement est une évidence, qui n’a même pas besoin d’être expliquée : ils voient que les choses sont, il leur paraît évident qu’il y a un Créateur. Et pas seulement parmi les fidèles des religions monothéistes : on peut lire par exemple l’histoire de Joséphine Bakhita, née dans le paganisme africain, mais qui avait dès son plus jeune âge la conscience de l’évidence de l’existence du Dieu créateur (en plus, c’est une belle histoire, qui mérite d’être connue).

Pourquoi n’est-ce pas une évidence pour tout le monde ? La tradition religieuse et même philosophique emploie parfois une belle image pour nous faire comprendre pourquoi cette évidence n’apparaît pas comme une évidence pour tout le monde : l’image des yeux essayant de fixer le soleil. Peut-on fixer le soleil avec les yeux ? Non. Pourquoi ? Est-ce parce qu’il n’y a pas assez de lumière ? Au contraire, c’est parce qu’il y a trop de lumière, et que nos yeux ne sont pas faits pour voir autant de lumière. Nous préférons voir les choses à la lumière du soleil que de regarder le soleil lui-même. De même, l’existence de Dieu est d’une évidence tellement lumineuse en elle-même que l’intelligence humaine peut en être est aveuglée.

Ce Dieu des philosophes est-il aussi le Dieu de la religion ? Certaines phrases de la Bible montrent bien que le Dieu révélé dans la Bible n’est pas un autre Dieu que ce Dieu accessible par la raison, même si ce qu’il révèle dans la Bible va bien au-delà de ce que la raison peut en connaître. Par exemple, lors de la première manifestation de Dieu à Moïse, quand celui-ci demande à Dieu son nom, Dieu lui répond : « Je suis », que l’on traduit aussi par : « Je suis Celui qui est » (Exode 3, 14). N’est-il pas remarquable qu’un texte écrit en milieu juif, bien loin de la pensée grecque, exprime en un raccourci aussi saisissant ce que la pensée grecque élaborera ensuite de son côté ? Un autre texte, plus tardif (Sagesse 13, 1-5), dit aussi ceci : « De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites. Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur. » Et plus tard encore, saint Paul (Romains 1, 19-20) : « En effet, ce que l’on peut connaître de Dieu est clair pour eux, car Dieu le leur a montré clairement. Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu, ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité. »